Quand le courant tombe
Une tempête de verglas en janvier. Un blizzard qui arrache les fils. Un vent à 100 km/h qui couche les arbres sur les lignes. Au Québec, ces scénarios ne sont pas des hypothèses, ce sont des certitudes. La seule question, c’est quand.
Et quand ça arrive, il y a deux types de maisons : celles qui plongent dans le noir, et celles où, en moins de dix secondes, le ronflement discret d’un moteur ramène le chauffage, l’éclairage, le frigo et le congélateur à la vie. Dans la grande majorité des cas, ce moteur porte un nom familier : Generac.
Mais d’où vient cette marque qu’on voit pousser dans tous les coins de cour au Québec depuis dix ans? Pourquoi est-elle devenue, en l’espace de quelques décennies, le synonyme même de la génératrice résidentielle? Voici son histoire, ses innovations, et tout ce que tu dois savoir avant de choisir la tienne.
D’un atelier du Wisconsin à la domination nord-américaine
L’histoire de Generac commence en 1959, dans un modeste atelier de Wales, au Wisconsin. Son fondateur, Robert Kern, est ingénieur. Il identifie un vide criant dans le marché : les génératrices fiables et abordables n’existent tout simplement pas pour les particuliers. Avec une équipe de cinq personnes, il se met au travail.
Les premières années, Generac construit des génératrices portatives. L’entreprise signe rapidement des partenariats avec de grands détaillants, notamment Sears, qui vend les modèles Generac sous sa marque Craftsman. Ces ententes durent des décennies et permettent à la jeune compagnie de se faire les dents tout en bâtissant une réputation de fiabilité.
Mais le coup de génie arrive en 1989. Cette année-là, Generac lance la toute première génératrice résidentielle automatique abordable. C’est une révolution silencieuse. Avant cela, posséder une génératrice qui démarre toute seule lors d’une panne relevait du luxe industriel, réservé aux hôpitaux et aux infrastructures critiques. Generac vient de démocratiser la sécurité énergétique pour le grand public.
Le résultat parle de lui-même. Aujourd’hui, près de 8 génératrices résidentielles sur 10 vendues en Amérique du Nord sont des Generac. La compagnie détient environ 75 % du marché du standby résidentiel sur le continent. Ce n’est pas un hasard, c’est l’aboutissement de plus de 65 ans d’innovation soutenue.
Robert Kern est décédé en 2022, à l’âge de 96 ans. L’entreprise qu’il a vendue en 2006 pour se consacrer à la philanthropie est devenue publique en 2010 sur le NYSE sous le symbole GNRC. Elle compte aujourd’hui parmi les chefs de file mondiaux en matière de technologies énergétiques.